31/12/2004

Lu dans la Libre Belgique le 30/12/04

Toujours intéressant ce journal...

Profs et immigrés main dans la main
Marie Liégeois

Mis en ligne le 30/12/2004
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La Fondation Roi Baudouin sélectionne 5 projets liégeois.
Pour faire de l'école et des familles d'origine étrangère des partenaires et favoriser par là les résultats scolaires.

Une maman, d'origine marocaine, est menée en bateau par ses enfants qui lui font croire que les notes rouges dans le journal de classe témoignent de leur bon comportement à l'école. L'anecdote fait sourire, elle semble anodine. La petite histoire, pourtant, relatée par Cécile Horris, témoigne d'une incompréhension mutuelle entre le monde de l'enseignement et les familles issues de l'immigration. Elle est elle-même responsable de la maison de quartier «Eclats de rire» à Sainte-Walburge où un dispositif d'écoute et de dialogue entre ces deux parties vient de voir le jour, récompensé par la Fondation.

Ce constat d'injustice sociale, la Fondation Roi Baudouin, qui selon ses termes «contribue à l'amélioration des conditions de vie de la population», l'a remarqué sur base de récits semblables, qui confirment l'urgence d'intervenir. Car l'incompréhension rejaillit trop souvent sur les résultats des élèves qui, tiraillés entre les dires de leurs professeurs et ceux de leurs parents, baissent les bras face à la dégringolade de leurs notes.

Pour donner un coup de pouce à l'intégration, la Fondation a lancé un appel intitulé «Familles issues de l'immigration et école: partenaires et alliés». La Communauté française a compté plusieurs dizaines de candidatures. Les 17 projets les plus innovants et respectueux des objectifs fixés ont été retenus. Ils se partageront un subside de 80000 euros pour l'année 2005. Cinq de ces projets sont basés à Liège et environs.

«En filigrane de cet objectif d'amélioration des résultats scolaires par un meilleur rapport entre école et famille, nous avons vu poindre une autre dimension. Celle de l'inégalité hommes-femmes qui subsiste chez ces personnes d'origine étrangère. Or nous sommes convaincus, comme l'a souligné l'une de nos collaboratrices, qu'aux femmes mieux formées correspondront des enfants mieux suivis», a expliqué Françoise Pissart, directrice à la Fondation et responsable du département Justice sociale. L'intégration des femmes constitue donc un cheval de bataille pour les équipes en charge des différents projets.

Quelques projets retenus

A Malmedy, la maison d'accueil «Couleur café» encourage les mères désireuses de sortir de chez elle à se retrouver. Mais ces dernières témoignaient souvent d'une envie d'apporter un soutien scolaire à leurs enfants. Six enseignantes bénévoles ont donc mis sur pied une remédiation hebdomadaire à laquelle se rendent les enfants, accompagnés d'un de leurs parents. L'équipe propose également de se rendre dans les familles, afin que les mamans ne laissent pas seuls les plus petits.

Autre projet à Cheratte où les élèves, d'origine belge ou étrangère (90 pc), sont invités à mettre en scène leur perception des valeurs et de la religion de leurs congénères. Au final, un petit spectacle-forum présenté aux familles,

«où l'on se rend compte que les valeurs importantes ne diffèrent pas tellement selon les religions...» constate Christophe Parthoens, de l'équipe «Reliance», qui espère améliorer ainsi l'interculturalité.

La ligue des femmes albanaises «Main dans la main», à Huy, a proposé la création d'une médiation entre écoles et familles. «Nous avons souvent l'impression d'être incompris mais aussi de peu comprendre le mode de fonctionnement des écoles» souligne Hamide Canolli, Albanaise et responsable du projet.

A Verviers, enfin, l'école de la Providence et DEFIS Vesdre (en charge de l'intégration socioprofessionnelle des publics fragilisés) s'associent pour favoriser la rencontre grâce à des cours de langue, des mises en scène et une structure d'accueil.


00:57 Écrit par Rutabaga vous invite | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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