07/11/2004

Article paru dans Le Soir du 6 novembre 2004Remue-méninges

Article paru dans Le Soir du 6 novembre 2004

Remue-méninges pour faire revivre le « Hasard »

E n 1977, le charbonnage du Hasard à Cheratte fermait définitivement ses portes. A l'époque, 600 « gueules noires » travaillaient encore dans cette mine qui, à ses heures de production les plus intenses, occupait jusqu'à 1.500 personnes. Depuis 27 ans, ces bâtiments à l'architecture impressionnante qui ne manquent pas d'attirer l'attention des passants qui circulent sur la route Visé-Liège, à Cheratte-bas, attendent toujours une réaffectation.

Les lieux sont exceptionnellement ouverts aux visiteurs. Ce fut notamment le cas lors des dernières Journées du patrimoine. Ce week-end-là, plusieurs centaines de curieux venus parfois d'Allemagne, des Pays-Bas et de France avaient rallié le quartier du Vinâve où se situe l'ancien charbonnage. Ce succès populaire a incité la section de Visé-Cheratte de l'association culturelle Paul Renotte (du nom de cet artiste et résistant liégeois qui fut échevin communiste de la Cité ardente aux lendemains de la guerre) à lancer un appel à projets à tous ceux (particuliers, associations, décideurs politiques...) qui auraient une petite (ou une grande) idée pour réhabiliter ce site classé (1).

Au début des années 80, le charbonnage cherattois, ainsi que le château Saroléa (situé en face) érigé, lui, au XVIIe siècle, ont été acquis pour la modique somme de 175.000 euros par un entrepreneur limbourgeois, Armand Lowie, qui serait, aujourd'hui prêt à les revendre pour plus d'un million d'euros !

En 27 ans, les bâtiments se sont sérieusement déglingués et ils constituent aujourd'hui un chancre industriel qui risque même de s'avérer dangereux pour ceux qui s'y aventurent, déplore Jacques Chevalier, une des chevilles ouvrières de la section cherattoise de l'association Paul Renotte. Pourtant beaucoup de gens de Cheratte et même parfois de bien plus loin voudraient les faire revivre tout en conservant la trace de leur histoire sociale et leurs atouts architecturaux, poursuit-il.

En un peu plus d'un quart de siècle, plusieurs projets, parfois même pharaoniques, de réhabilitation du « Hasard », ainsi que de la « Paire aux bois », un vaste terrain vague voisin de 13.000 m2, ont été lancés, mais aucun ne s'est concrétisé.

Des promoteurs louvanistes, hollandais, limbourgeois... se sont intéressés au site. Il a ainsi été question d'aménager une cité sociale, un complexe de bâtiments consacrés à la recherche, un centre culturel comportant une école de cirque et un amphithéâtre, un ensemble d'une trentaine de lofts, un centre d'excellence qui aurait constitué une vitrine pour les entreprises de la région..., se souvient Jacques Chevalier.

L'association Paul Renotte attend donc les suggestions. Dans un premier temps, elle nourrit un projet plus modeste : publier une brochure qui reprendrait l'essentiel des articles consacrés au charbonnage du Hasard et son histoire et pourrait attirer l'attention d'un éventuel investisseur.  



23:18 Écrit par Rutabaga vous invite | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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